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L’Ille-et-Vilaine dans le contexte armoricain

De bas plateaux entre les « montagnes » bretonnes et normandes

L’Ille-et-Vilaine occupe une position centrale dans le Massif Armoricain, à la limite des régions Basse-Normandie et Pays-de-Loire qui appartiennent au même ensemble géologique.

Cette échelle met en valeur l'unité du Massif Armoricain (par rapport au bassin de Paris à l'est de la carte) mais aussi sa diversité, dont l'Ille-et-Vilaine n'est qu'en partie représentative.

Mais le département se distingue de ses voisins par l’absence de reliefs marqués. Les plaines et plateaux de faible altitude y tiennent une place importante, particulièrement au centre qui apparaît en creux sur la carte régionale du relief.

L’Ille-et-Vilaine apparaît en creux entre les différents sommets du Massif Armoricain qui culminent vers 400 m de part et d’autre du département. A environ 60 km de la côte, le centre du bassin de Rennes forme une dépression continentale à moins de 20 m au dessus du niveau de la mer (13 m à Pont-Réan).

De faibles variations est-ouest et une relative continentalité

Cette carte climatique place à l’intérieur de l’Ille-et-Vilaine la limite entre climat océanique « franc » et « altéré ».  La continentalité du centre de l’Ille-et-Vilaine est une particularité qui lui confère certains caractères d’un territoire de transition.
Source : D. Joly et alii, 2010, [(article consultable en ligne)->http://cybergeo.revues.org/23155]

Le contexte régional est également caractérisé par son unité bioclimatique, aux influences océaniques. Cependant, la position de l'Ille-et-Vilaine lui confère aussi une certaine continentalité que ne partagent pas les autres départements bretons ou la Normandie.

Cette continentalité est d’autant mieux ressentie que la ville de Rennes occupe elle-même une position centrale affirmée, soulignée par un réseau de transports qui y converge alors que ce réseau dessert plutôt en boucle le reste de la péninsule bretonne. De plus, la forme resserrée des frontières départementales vers le nord restreint proportionnellement le linéaire côtier et contribue aussi au caractère continental du département.

Ceci est également amplifié par le réseau hydrographique, qui oriente la majorité des bassins-versants vers Rennes puis vers le sud et l’Atlantique et non pas vers la Manche, pourtant plus proche.

Le Massif Armoricain résulte de divers soulèvements très anciens,  mais les reliefs actuels ont été en partie déterminés plus tardivement, lors de l’orogénèse alpine qui a provoqué  un basculement de la Bretagne, relevant légèrement le nord et orientant l’écoulement de  la majorité des cours d’eau vers le sud. De ce fait la ligne de partage des eaux entre Manche et Atlantique est située au nord du département.
Source : ign

Les  cours d’eau semblent converger vers le centre du bassin briovérien, à l’exception de la partie littorale où les fleuves côtiers s'orientent vers le nord. Source : ign

Comme le réseau hydrographique, le réseau routier de premier niveau est disposé en étoile autour de Rennes, les exceptions étant surtout littorales.
(Source : d’après ViaMichelin)

En complément de l’attraction littorale, la convergence physique et urbaine du bassin de Rennes compose donc une figure départementale originale.

Cette carte de la luminosité nocturne rend bien compte de la particularité rennaise : alors que l’urbanisation de la Bretagne est concentrée dans une bande côtière d’une vingtaine de kilomètres, Rennes est la seule agglomération importante située à distance de la côte, c’est aussi la plus grande.
Source : [Avex->http://www.avex-asso.org/dossiers/wordpress/?page_id=38]

Une différentiation nord-sud des paysages assez nette

Schématiquement, le Massif Armoricain est composé de trois grandes zones qui se succèdent du nord au sud et que les géologues nomment respectivement zones Nord, Centre et Sud-Armoricaines. Chacune de ces zones correspond à une histoire géologique particulière. Les roches et les reliefs, qui différent peu d’une zone à l’autre, sont malgré tout structurants en termes paysagers et territoriaux, leurs limites correspondant à de longues lignes de déformations (failles, plissements) assez nettement révélées.

En ce qui concerne l’Ille-et-Vilaine, les 2/3 environ du département appartiennent à la zone centre-Armoricaine et le 1/3 restant, au nord d’une ligne qui correspond au cisaillement Nord-Armoricain, joignant Vitré à Médréac, à la zone Nord-Armoricaine. L’Ille-et-Vilaine est peu concernée par la zone Sud-Armoricaine proprement dite qui n’est présente qu’au sud de Langon. Cependant, des déformations incidentes, dénommées par les géologues « synclinaux du sud de Rennes » contribuent à différencier et organiser les paysages. Comme son nom l’indique, cette zone de reliefs s’étend dans la partie sud du département, au-delà d’une ligne joignant la forêt de Paimpont à celle de la Guerche. Le bassin de Rennes occupe le nord de cette ligne alors que le sud présente des reliefs et un substrat plus variés.

Depuis le versant nord du massif de Saint-Broladre, la vue domine la dépression de Pleine-Fougères, refermée en arrière-plan par le massif de Saint-Pierre-de-Plesguen.

Dans la zone centrale, le bassin de Rennes correspond à des terrains assez homogènes. Au sud, les plissements ont permis l’affleurement en alternance de  roches plus variées incluant les grès armoricains résistants. Au nord, parmi une juxtaposition de domaines géologiques différents, les massifs granitiques forment des plateaux surélevés et individualisés.