Haut de page

Le motif militaire

Pour assurer le contrôle et la prospérité du territoire, il s’agit de voir et d’être vu. La stratégie militaire impose donc le recul et la hauteur, avec une topographie avantageuse ou un génie du lieu. Les châteaux sur motte défient alors la géographie, initialisent le développement des bourgs et transforment le paysage.

La protection des biens et des frontières

L’Ille-et-Vilaine est un territoire de marches entre le Duché de Bretagne, l’Anjou, la Normandie. A la protection des voies et des échanges commerciaux qu’ils portent, des revenus qu’ils génèrent, celle des biens des châtelains, s’ajoutera la protection des frontières à l’Est et au Sud sur plusieurs lignes de front. L’Ille-et-Vilaine conserve ainsi 280 vestiges de mottes féodales. Simples buttes artificielles en terre, en bois et en pierre, elles créent ou capitalisent des points culminants dans le paysage permettant de se protéger des invasions, normandes notamment.

Nombreuses sur le territoire des Marches de Bretagne, les forêts constituaient au Moyen Age des entre-deux défensifs plus difficiles à franchir qu’une rivière. Les forêts de Liffré, La Guerche, Rennes, Fougères, sont les vestiges de ces grandes étendues boisées défrichées à partir du XVe siècle. A ces buttes se sont agrégés des foyers de vie, agricoles et artisanaux, qui deviendront pour certaines des agglomérations durables. Certaines buttes persistent dans le paysage (la butte de Gourmalon à Goven, avec sa douve profonde, les buttes de Cintré, de Chasné où se dresse une triple motte, ou celle de Saint-Aubin-du-Cormier). Certaines n’ont pas donné lieu au développement connexe d’agglomération et demeurent isolées au milieu des champs (Bourgbarré ou Landéan).

Certaines mottes, initialement implantées sur des points stratégiques, ont été remplacées par des châteaux de pierre comme à Marcillé-Robert ou intégrées comme à Saint-Aubin-du-Cormier.

La protection des frontières s’accompagne de la constitution d’un réseau de châteaux fortifiés, tirant parti des sites et notamment de ses éperons rocheux et dénivelés (créant parfois des douves naturelles). Les fortifications de grandes ampleurs, comme celles de Fougères, Vitré et Redon, sont à l’origine de bourgs castraux spécifiques, mais participent aussi au développement urbain et à la structure du paysage. Les autres châteaux, à des échelles plus variées, structurent tout autant le paysage. C’est le cas des autres châteaux défensifs des Marches, tels Combourg, Saint-Aubin-du-Cormier, Châteaugiron ou Châteaubourg. Hédé, Grand-Fougeray ou Bécherel connaîtront un développement relativement modeste. De ce passé tumultueux, il reste d’autres châteaux comme Landal et Montmuran.