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L'agglomération de Vitré

Implantée sur une ligne de crête, la ville ancienne dialogue avec son site « naturel » et fait face à la vallée, dans une posture ouvertement défensive. Profitant d’un versant peu marqué orienté au sud, la ville s’est développée de manière agglomérée, insérant la trame bocagère dans son tissu urbain. L’urbanisation du versant nord de la Vilaine, plus tardive, met en exergue l’enjeu des co-visibilités entre tissus et de protection des vues patrimoniales.

La ville et son site

Vitré est situé sur un rebord de plateau dominant la vallée de la Vilaine. Cette position occasionne des effets de découverte de la ville, notamment depuis le fond de vallée ou le coteau du nord. Le vaste plateau du sud constitue le principal support du développement urbain de la ville close.

La vallée de la Vilaine, un ancrage paysager majeur

Plusieurs séquences paysagères de la Vilaine, agro-naturelles ou urbaines, valorisent le site et la ville. Toutefois, la lisibilité de la vallée tend à s’effacer à l’ouest, en raison du développement d’équipements et d’activités à flanc de coteau.

L’encaissement de la vallée de la Vilaine génère des covisibilités remarquables et pittoresques entre la ville et son espace environnant, notamment depuis le nord. Aux abords de la ville, au niveau du Pré des Lavandières, la vallée se transforme en coulée verte, un espace vert aménagé. Elle permet de distinguer la silhouette emblématique de Vitré avec ses principaux points de repères, tels que le château, l’église Notre Dame et l’Eglise Saint-Martin.

Le motif militaire au cœur du processus de construction du paysage urbain

Situé sur l’axe Rennes-Le Mans, le site est pourvu d’une collégiale et de plusieurs églises associées à des foyers de peuplement formant des villages distincts : Saint Martin, Le Viel Bourg, Sainte Croix et Le Rachapt. Au XIe siècle, l’implantation d’un château en pierre sur un éperon rocheux dominant la vallée de la Vilaine et la plaine marécageuse marque les prémices de l’épopée urbaine de la ville de Vitré.

http://www.chateauxmedievaux.com/chateau-vitre.php

Le développement du pouvoir local provoque une réorganisation de la population et la structuration d’une ville close autour du « Viel Bourg » et de l’église Notre Dame, encerclée par des remparts et fossés. En parallèle, des faubourgs se constituent principalement autour des portes d’En Bas et d’En Haut, dans le prolongement des rues du Rallon et de Paris. La mise en valeur et la protection du patrimoine urbain et paysager autour du secteur sauvegardé a permis à Vitré l’obtention du label « Ville d’art et d’histoire » en 1999.

Les paysages de la restructuration urbaine du XIXe siècle

Au XIXe siècle, l’arrivée du chemin de fer et la construction de casernes dynamisent la ville. La destruction des fortifications du sud et le percement de voies dans la ville close, notamment la rue Garengeot, restructurent le tissu urbain médiéval. La ville s’ouvre vers le sud sur la gare construite en 1855 et devient un nœud ferroviaire important vers Rennes, Paris, Fougères et la Guerche-de-Bretagne. Les emprises ferroviaires créent d’importantes coupures urbaines. La réalisation de « pénétrantes» comme la rue de Brest ou le boulevard de Châteaubriant, entérine la mutation urbaine de la ville et permet le franchissement des voies ferrées.

La construction d’une caserne militaire, accueillant le 70e régiment d’infanterie, et l’implantation du Jardin des plantes, achevé en 1867 par Georges Aumont, marquent le début du développement de la ville au sud de l’emprise ferroviaire.

A partir des années 1950, l’explosion urbaine du sud de Vitré

La commune a connu une forte croissance démographique à partir des années 1950 qui s’est traduite par une extension urbaine importante, principalement sur le plateau au sud de la ville close. De vastes lotissements, crées entre les axes structurants, et quelques opérations d’habitat collectif, comme le quartier « Maison rouge » ont redéfini les paysages du sud de l’agglomération.

La rénovation d’une friche industrielle offre l’opportunité de créer une interface urbaine

Aujourd’hui, la ville s'étend principalement sous forme de quartiers pavillonnaires et de zones d'activités en périphérie. Le centre-ville et ses faubourgs anciens, couverts par un secteur sauvegardé, sont sujets à un processus de renouvellement urbain sous forme de petits immeubles intégrés dans les tissus anciens. Vitré développe aujourd’hui un nouveau vocabulaire urbain qui établit un dialogue entre les quartiers récents et le tissu urbain existant, notamment sur le secteur du Parc. De nouvelles formes urbaines apparaissent avec de l’habitat plus dense que les lotissements créés précédemment.

Un ensemble de ZAC importantes est programmé. Avec plus de 250 logements, la ZAC Roncinière située sur le boulevard de Laval propose une densification du tissu urbain à l’extérieur de la rocade. Prévue sur 28 hectares, la ZAC des Ormeaux marque un changement de politique d’urbanisation et un rééquilibrage du territoire avec le développement important du plateau nord (600 logements prévus) déjà partiellement engagé avec l’opération Emile Zola. Cette opération d’ampleur va s’inscrire sur un site conscrit à l’intérieur de la rocade et bénéficiant de vues sur la vieille ville. Un des enjeux sera de préserver la covisibilité existante entre ce nouveau quartier et son environnement paysager. Le PLU approuvé en 2006 prévoit de maintenir une coulée agro-naturelle dans le cadran nord-ouest de l’agglomération, permettant de créer une continuité paysagère entre la vallée de la Vilaine et le plateau nord.

L’effet des infrastructures sur la lisibilité de l’interface urbaine/rurale

Le développement résidentiel important s’est accompagné d’un développement économique, traduit spatialement par un ensemble de zones d’activités construites autour de la ville. La création de la rocade marque la rupture entre l’espace urbain et les zones cultivées. D’un côté, des talus plantés laissent parfois apparaître les toitures des extensions résidentielles. De l’autre, l’espace agro-naturel est structuré par des haies bocagères. Deux vocabulaires paysagers se côtoient, sans qu’un réel dialogue ne soit instauré entre les deux rives.

Au sud et à l’est de l’agglomération, la voie de contournement se transforme en boulevard urbain et est intégrée dans le tissu de la ville. Entre zone d’activités et logements, les rives constituent la vitrine d’une ville accessible et paysagée. Le développement entre les échangeurs de Rennes (RD 777) et Laval (RD 857) s’est accompagné d’une diffusion du bâti d’activité et résidentiel, qui qualifie les entrées de ville.

Entrées de villes sur les axes du sud

L’attractivité de la voie express Rennes-Paris et une topographie plus favorable contribuent à orienter le développement urbain et économique sur la partie sud de l’agglomération. Les entrées de villes correspondent à des secteurs urbanisés au-delà de la rocade, le long des axes structurants. La lisibilité paysagère des entrées sud est rendue moins aisée compte-tenu de la dispersion du bâti et de l’étalement des zones d’activité, le long de la route de Laval notamment. Les derniers aménagements sur cet axe tendent à fonder une limite plus lisible. Au sud, l’amorce du tracé de la voie de contournement sud, laisse penser que la limite sud va évoluer.

Parfois, les vues lointaines ponctuées de marqueurs urbains permettent de repérer les entrées de la zone agglomérée.