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L'agglomération de Saint-Malo

Au début de son histoire urbaine et paysagère, Saint-Malo était un archipel de bourgs. Tout le génie des hommes a été de donner une valeur urbaine aux entre-deux séparant les bourgs initiaux de la Cité d’Alet, de Saint-Servan, de Paramé ou de Saint-Malo intra-muros. Le site « naturel » d’implantation, exceptionnel, mêle une confluence, une baie et un marais. Supports de développements économiques, portuaires ou balnéaires, ces sites dialoguent, font face et se font face, générant une structure urbaine complexe aux paysages originaux.

Littoral, Rance et plateau…, un site d’estuaire

Le littoral au nord et l’estuaire de la Rance à l’ouest, constituent les principales limites paysagères de l’agglomération. Le site présente un paysage exceptionnel composé d’une succession de pointes et de points hauts, de collines, d’îles ou de rochers, créant les espaces en creux des baies, des anses, fortement remaniées au fil du temps par les desseins urbains.

La succession de reliefs incisés rythme le paysage de l’agglomération. La ville intra-muros de Saint-Malo est située sur un îlot au débouché de la Rance dans la Manche. Les autres bourgs prennent place sur des promontoires dominant l’espace alentour. Le développement urbain a comblé ces entre-deux pour ne former qu’une seule entité urbaine. L’intérieur des terres est fortement irrigué par les vallons de petits cours d’eau, notamment la Couaille ou l’Etanchet. Le Routhouan s’ouvre en un vaste espace anciennement marécageux, produit de la rencontre du fleuve, de la Rance et de la mer. Cet espace devient le point névralgique de la ville. Plus au sud et vers l’est, des espaces agro-naturels qui annoncent le Clos-Poulet, ouvrent le champ visuel et procurent des perspectives sur la ville.

Le littoral et la vallée de la Rance, un ancrage paysager majeur

L’identité paysagère de Saint-Malo s’est essentiellement construite autour de la baie et de l’estuaire de la Rance, dans une succession de séquences paysagères associant souvent la cité à Dinard sur la rive gauche, « de l’autre côté de l’eau », comme l’exprime la formule locale. A Saint-Malo, la côte sauvage nord-est, de la pointe de la Varde et surtout du Havre du Lupin, proposent des paysages peu marqués par l’urbanisation, où l’alternance de rochers, de pointes et de criques génère des paysages remarquables. L’urbanisation résidentielle relativement limitée et agglomérée colonise les deux versants nord et sud de la dorsale rocheuse.

Entre la citadelle et la pointe de la Varde, le Sillon s’étend le long de la Grande Plage. Il constitue une entité urbaine et paysagère majeure avec son front bâti composite, ouvert sur les paysages du large, produit d’une succession d’architectures associées à l’identité balnéaire (promenade, villas, casinos, etc.).

En rive ouest, les bords de Rance proposent des modelés découpés, alternant des paysages intimes de criques et d’anses, lieux privilégiés pour la villégiature, les petits ports de plaisance ou de pêche et un paysage ouvert remarquable, fait de vues réciproques sur Dinard et sa baie du Prieuré.

Des identités paysagères propres à chaque quartier

La particularité de l’agglomération malouine repose sur la réunion de plusieurs bourgs au sein de la même aire urbanisée (note) générant différentes ambiances paysagères. Dans chacun de ces bourgs, un développement particulier de « ville dans la ville » s’est réalisé, notamment sur les anciennes communes de Saint-Servan et Paramé.

Des espaces verts de respiration des tissus urbains enrichissent le cadre paysager

Initialement développé dans les jardins et les parcs des propriétés de Saint-Servan et Paramé, le « patrimoine vert », composé de belvédères sur le paysage, d’espaces publics ou de respiration du tissu urbain, est désormais présent sur l’ensemble de l’agglomération. Le parc Bel Air et le parc de la Briantais à Saint-Servan offrent par endroits des vues sur l’embouchure de la Rance. Certains espaces verts structurants des quartiers malouins proposent eux aussi de larges perspectives sur la ville.

De fortes relations visuelles entre la ville et le Clos Poulet

L’implantation de l’agglomération sur d’anciens marais et sur les rebords des modelés du Clos Poulet provoque des perspectives lointaines sur la ville. Toutefois, les fenêtres sur le paysage sont souvent masquées par des bâtiments ou des masses végétales.

Une histoire urbaine riche et originale, créatrice de paysages

Le motif militaire au cœur de la construction d’une identité paysagère

Occupée par les Gaulois puis les Romains, la cité d’Aleth constitue le premier site d’implantation au débouché de la Rance. Au XIIe siècle, la ville de Saint-Malo se développe sur le rocher de Kalnach autour d’une communauté monastique. Le transfert du siège du diocèse, puis l’activité des expéditions corsaires permettent à la ville de se développer fortement, de s’enrichir et de s’agrandir au fur et à mesure. A partir du XVIIe siècle, les activités se diversifient avec la pêche à la morue, les Terre-Neuvas et le commerce triangulaire.

L’histoire militaire de la ville corsaire, aux architectures de citadelle et de forts se référant à l’ingénierie de Vauban, marque les paysages.

L’architecture défensive s’impose dans le paysage par ses remparts, tours et bastions. La ville fortifiée émerge de la roche et semble faire un seul corps dans le paysage. L’assise de la ville, massive et monumentale, devient paysage en s’associant au rocher dans la relation avec la mer.

Le motif balnéaire, première mutation du paysage urbain et des usages du littoral

Au XIXe siècle, les vastes terrains dunaires du Sillon sont aménagés, bâtis et protégés par une digue-promenade, en plus des brise-lames alignés sur le sable. A l’image de Dinard, Saint-Malo s’organise autour de deux centralités principales, l’une en bord de mer, sur le Sillon, l’autre en retrait du littoral autour de la gare de chemin de fer, construite en 1864.

Le développement portuaire du milieu du XXe siècle transforme le paysage urbain

Au XVe siècle, la réduction des bancs d’échouage due à la montée des eaux marque la fin de la domination du port de Saint-Servan au profit des espaces portuaires de la cité des corsaires, établis dans les espaces marécageux. Dans les années 1950, l’équipement en nouvelles infrastructures d’accueil de grands voiliers et paquebots, de bateaux de grandes envergures et à grands tirants d’eau, a permis la diversification des fonctions du port : port de pêche, de commerce, de plaisance et de transports de passagers.

Le port de commerce, notamment les bassins Jacques Cartier et Duguay-Trouin, propose un paysage jouant avec l’horizontalité d’un vaste espace d’entrepôts industriels et de bateaux de pêche et de commerce. Un ensemble de digues, de ponts et d’écluses rythme ce paysage industrialo-portuaire.

De la Reconstruction (note) à l’explosion du développement urbain vers le Clos Poulet

Après la Seconde Guerre mondiale, un processus de reconstruction de la ville close est engagé pour édifier une ville inspirée par son passé. Par ailleurs, la croissance démographique et économique a favorisé l’extension de la tâche urbaine, le développement des activités portuaires, la mutation des usages du littoral et des rives de la Rance. Le quartier de La Découverte, inscrit par Louis Arretche au fond de la vallée du Routhouan à partir du milieu des années 1960, ou les quartiers de Bellevue et de La Madeleine à flanc de coteau, associent, dans la continuité du tissu du XIXe siècle, des formes urbaines variées de grands ensembles et lotissements groupés, composés de maisons ouvrières de plain-pied.

Les extensions urbaines des années 1970-90 marquent les prémices d’une importante urbanisation orientée vers le Clos Poulet. Longtemps contenu par ses routes départementales 168 et 301, le tissu urbain s’ouvre sur l’extérieur avec le développement de nombreuses ZAC, zones industrielles et d’activités.

La restructuration des tissus offre de nouveaux paysages urbains

La commune de Saint-Malo ambitionne de produire la moitié de ses futurs logements dans le cadre du renouvellement urbain. Sur le secteur de Rocabey, l’opération s’appuie sur la création d’une nouvelle gare pour l’accueil du TGV et la transformation de l’ancien bâtiment, pour proposer un tissu urbain mixte associant plus de 350 logements avec des commerces, bureaux et équipements publics (médiathèque et cinéma).

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Le projet de renouvellement urbain du quartier de La Découverte et de l’Espérance est également important. Le processus de destruction/reconstruction de plus de 200 logements produit des modifications de structure des tissus urbains et une restructuration des voies.

La lisibilité de l’interface urbaine/rurale

Une extension urbaine maitrisée ?

A Saint-Malo, les projets d’extension urbaine fleurissent, principalement dans le secteur est de l’agglomération. Ce développement va déplacer et recomposer l’interface urbaine/rurale, notamment à Saint-Ideuc ou Château-Malo, ou même supprimer la coupure agro-naturelle existante entre les quartiers de Paramé et Rothéneuf.

Sur le secteur du Petit Paramé ou du Val, les développements urbains grignotent petit à petit les espaces agricoles et génèrent une porosité de la frange urbaine qui supprime une lecture paysagère fluide du tissu urbain. Les projets d’extension urbaine, comme à la Croix Désilles, vont déplacer certaines entrées de ville et étirer les secteurs pavillonnaires.

L’effet des infrastructures

L’effet des infrastructures est important sur la lisibilité des franges urbaines. Lorsqu’elle dépasse la RD 301, la voie ferrée, inscrite en fond de vallon, constitue une limite entre la zone industrielle et l’espace agro-naturel. De même, la RD 168 au sud, reliant Saint-Malo à Dinard, et la RD 301 à l’est offrent des vues ponctuelles sur les tissus urbains et sur la campagne alentour.

Toutefois, par endroits, le franchissement des voies de contournement par l’urbanisation repousse les limites de l’aire agglomérée. Petit à petit, les voies rapides se transforment alors en boulevards urbains, notamment la RD 301 à l’est, entre l’échangeur de Rennes et la zone industrielle Sud.

Les entrées de villes sur les axes du sud et de l’est

Au sud de Saint-Malo, les entrées de ville sont le fait d’échangeurs. Sur la route de Rennes, l’urbanisation contenue sur une rive de la voie express permet une lecture aisée de la limite urbaine. Parfois, la diffusion du tissu en bord de voie importante rend plus difficile la lecture de l’entrée de ville.

La création du parc technopolitain Atalante sur 70 hectares en bord de ville repousse les limites urbaines au sud et contribue à un étalement de l’agglomération vers la commune de Saint-Jouan-des-Guérets. Inscrit sur un espace agro-naturel en bordure de la RN 137, de l’autre côté de la zone d’activité de la Lande Gohin, ce projet requalifie l’entrée d’agglomération. Implantée sur un point haut, la zone d’activité ne sera perçue que du bord de la voie ou depuis le Clos Poulet. Depuis Saint-Malo, compte-tenu de la topographie et des boisements, l'impact paysager sera mineur.

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La lecture paysagère de l’agglomération est modifiée partiellement sous la pression urbaine à la fois résidentielle et économique. ----