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L'agglomération de Rennes

Implanté sur un point haut à la confluence de l’Ille et de la Vilaine, le centre historique de Rennes dialogue avec son site naturel. Les vallées peu profondes structurent un tissu urbain contenu par la rocade. Le mode de développement urbain maîtrisé génère des paysages très singuliers, ceux d’une île urbaine émergeant de son espace agro-naturel se distinguant des communes riveraines : le modèle de la « ville archipel ». La diversité des tissus urbains, l’architecture ancienne et contemporaine, composent un paysage de métropole, unique.

La ville et son site

Le site d’implantation de Rennes est constitué de reliefs peu marqués, irrigués par un réseau hydrographique constitué de quelques vallées peu encaissées. La vieille ville s’inscrit sur un rebord dominant le site de la confluence entre l’Ille et la Vilaine, deux axes de composition paysagère majeurs. Ces cours d’eau importants s’ouvrent parfois sur des plaines alluviales plus larges, occupées par des marais, prairies et étangs. Le modèle urbain de l’agglomération rennaise, par un interventionnisme fort, a généré ses propres limites paysagères : la ville est contenue par la rocade, excepté sur quelques secteurs, notamment sur la route de Lorient, vers Saint-Jacques-de-la-Lande, Chantepie et Saint-Grégoire. Les communes de la métropole se sont structurées sur le même modèle, la limite avec l’espace agro-naturel environnant restant franche. Compte-tenu d’un développement urbain important et de la morphologie du bassin de Rennes offrant peu de lignes de force, les éléments topographiques et hydrographiques ne créent pas les limites de l’agglomération. Toutefois, les vallées de la Vilaine, de l’Ille, de la Seiche ou de la Flume constituent des axes de composition réels et potentiels. Elles proposent des paysages aussi bien agricoles que naturels ou urbains tout au long de leur traversée de l’agglomération, la Vilaine et l’Ille produisant les paysages les plus emblématiques.

Les motifs de constitution de la ville ancienne

Le IIIe siècle marque le début de l’ère militaire et religieuse de la ville de Condate, porte d’accès importante vers l’Armorique, inscrite sur un éperon à la confluence de l’Ille et de la Vilaine, deux protections naturelles. Trois murailles successives, du IIIe au XVe siècle, étendent la ville romaine vers le faubourg du Champ-Dolent à l’est, et de la Parcheminerie au sud. Suite à l’incendie de 1720 détruisant une partie importante de la ville haute, un plan d’aménagement modifie la structure urbaine de la ville : création de rues droites et de places emblématiques, notamment celles de l’Hôtel de Ville ou du Parlement. Cette modification n’a été prévue que dans le secteur du nord de la Vilaine.

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Inscrits le long des axes importants menant à la ville close, les faubourgs, constitués à partir du XVe siècle, se développent fortement. Principalement situés au nord, notamment à Saint-Etienne ou autour de la place Sainte-Anne, ils se structurent également au sud, le long de la rue de Nantes et à Saint-Hélier.

Le paysage des quais de la Vilaine

Avec la reconstruction de la ville haute au XVIIIe siècle, les projets de canalisation de la Vilaine sont engagés pour réduire les risques d’inondations et l’insalubrité des eaux, impulser un développement du commerce. En 1781, un plan rectiligne est établi entre le pont des Trois Arches et le pont Saint-Germain. En 1841, les travaux de canalisation et d’assainissement de la ville basse sont entrepris. Les rives de la Vilaine se transforment, dans la partie centrale de la ville, notamment en quais pour le déchargement de marchandises.

Jusqu’à la fin du XIXe siècle, l’usage des quais reste fortement lié à la fonction économique. Au début du XXe siècle, une dalle de béton recouvre la Vilaine pour créer la place de la République, dominée par la façade du Palais du Commerce. A partir des années 1960, les quais de la Vilaine sont aménagés en « voies sur berge », en espaces de stationnements, en axe important pour les bus et piétons. Aujourd’hui, les quais de la Vilaine proposent une succession de séquences paysagères variées, produites par les fronts bâtis, les quais aménagés pour la promenade ou les opérations urbaines contemporaines.

Le canal d’Ille et Rance et les voies de chemin de fer : deux ruptures dans le tissu urbain du XIXe siècle

Le canal d’Ille-et-Rance et l’emprise ferroviaire, produits du développement économique et des techniques de communication du XIXe siècle, engendrent des coupures dans les tissus urbains. - Achevée en 1830, la construction du canal d’Ille-et-Rance isole les faubourgs de Bourg-l’Evêque et Bourg-Saint-Cyr du centre ancien. Aujourd’hui, support de grandes voies de circulation, de cheminements doux ou d’espaces naturels, le canal est intégré dans le tissu de l’agglomération et propose des ambiances paysagères variées qui enrichissent le cadre urbain.

Au milieu du XIXe siècle, la construction de la voie ferrée crée une nouvelle coupure urbaine : elle scinde le faubourg de Nantes et sépare le Bourg-Saint-Hélier du centre-ville. Les développements urbains successifs de la ville rendent encore plus présent cet effet de coupure entre les quartiers.

L’explosion du développement urbain

De la ville constituée à la ville circonscrite

A la fin du XIXe siècle, Rennes se développe linéairement dans la continuité des faubourgs existants, notamment rue de Fougères ou de Paris, ou sous forme de lotissements, principalement dans le secteur de la gare et Saint-Cyr. - Au début du XXe siècle, l’extension urbaine sous forme de lotissements engendre une transformation du paysage urbain, notamment à Sainte-Thérèse et Maurepas. Cette croissance est cadrée par le plan d’extension de la ville de 1925 qui prévoit la construction de bâtiments emblématiques comme le Palais du commerce ou la halle centrale.

Après la Seconde Guerre mondiale, un projet visant à reconstruire les quartiers détruits, à résorber l’habitat insalubre et à accueillir de nouvelles populations est engagé. En 1958, le plan directeur d’urbanisme met en place une politique volontariste de planification et de maitrise foncière. Elle se traduit par la création de quartiers de grands ensembles engendrant une mutation du paysage urbain de la ville, notamment avec des constructions plus hautes. Les ZUP de Villejean, du Blosne ou la rénovation des quartiers du Colombier et de Bourg-l’Evêque, apposent toujours une empreinte paysagère particulière. Leur architecture et leur volumétrie massive marquent toujours le paysage urbain mais surtout permettent l’identification de la ville depuis les espaces environnants.

A partir des années 1980, des opérations urbaines de moindre ampleur comme celles des ZAC Poterie ou Longs-Champs restent, pour conserver la lisibilité de la « ville centre », contenues à l’intérieur de la rocade.

Un modèle de développement : la « ville archipel »

En 1983, le schéma directeur énonce les grands principes d’urbanisation de l’agglomération, notamment la préservation d’une ceinture verte à l’extérieur de la rocade, générant des paysages singuliers qui identifient la métropole rennaise aujourd’hui. Déclinée autour des notions de déplacements alternatifs, d’intensité, d’intimité et de qualité urbaines, cette conception de l’aménagement du territoire produit des paysages spécifiques. Pour concrétiser ces objectifs de ville durable et désirée, l’outil d’aménagement utilisé, présentant une référence paysagère commune au territoire de la métropole, est la ZAC.

Espaces de respiration dans le tissu urbain : le concept de « ville-nature »

Plusieurs étapes historiques mènent au concept de « ville-nature » (note) élaboré à l’échelle de la métropole, du mail au champ urbain. - Au XVIIIe siècle, l’aménagement de promenades sous forme de cours, de mails et d’espaces de rencontre, à l’image du mail François Mitterrand (1663) ou de la terrasse de Monthorin (1785), se généralise, avec l’évolution des modes de vie. La ville close bénéficie également d’aménagements paysagers, principalement de plantations d’arbres, notamment sur la place de l’Hôtel de Ville ou au champ de Mars. - A partir du XIXe siècle, la ville devient plus « verte » avec la création de jardins publics, notamment le Thabor ou le parc de Maurepas (1936), puis de squares. La création de plaines de jeux aux Gayeulles ou à la Prévalaye, et de jardins ouvriers à proximité des zones industrielles ou ferroviaires achèvent la diversification paysagère.

Les « coulées vertes » de Rennes s’appuyant sur le canal d’Ille-et-Rance et l’espace vert de Patton se rejoignent aux prairies Saint-Martin. Aujourd’hui préservées pour la qualité de leur cadre de vie et leur biodiversité urbaine, elles participent à un nouveau regard sur la friche et introduisent un nouveau vocabulaire autour des notions de paysage agro-urbain et de nature urbaine.

L’ensemble de ces espaces de respiration enrichit le cadre urbain à travers une grande diversité de paysages, du « maîtrisé » au « sauvage ». Ils fondent la singularité paysagère de la ville.

Etendu à l’ensemble de la métropole, le concept de « ville-nature » se traduit par la constitution d’une ceinture verte et de champs urbains à l’extérieur de la rocade, espaces agro-naturels à préserver afin de conserver l’identité paysagère de l’agglomération.

La ville compacte

Pour conserver la ceinture verte de Rennes, l’accueil de populations nouvelles nécessite de densifier les tissus existants. Ce concept se traduit par des opérations de renouvellement urbain et de densification du bâti le long des axes structurants tout en préservant, enrichissant les espaces verts et en proposant des formes architecturales variées et identifiables faisant paysage. - Déjà engagée, la densification du tissu urbain le long des axes, en accompagnement des stations du métro, modifie le profil des rues et produit de nouvelles perspectives. La requalification de l’axe Alma-Fréville, proposant des programmes mixtes de logements, commerces et bureaux, en est l’illustration.

Les opérations de renouvellement urbain et de mutation de friches (caserne militaire ou ancienne zone industrielle), modifient les paysages de la ville. En intégrant des formes architecturales contemporaines, une composition urbaine structurée par des coulées vertes et les mobilités douces…, ils proposent des ambiances variées, singulières pour chaque projet, tout en construisant une empreinte paysagère commune. Plusieurs ZAC de renouvellement achevées, notamment sur les quais de la Vilaine, à Saint-Hélier ou le long du canal d’Ille-et-Rance, proposent des paysages urbains particuliers.

Une structure paysagère présente à toutes les échelles

Dans les secteurs de projet, une trame paysagère forte est mise en place ou valorisée. A la fois espace de respiration, espaces verts collectifs et lieu de biodiversité, cette trame structure les opérations. Pensée à l’échelle du quartier et inscrite dans le projet d’agglomération, cette nature urbaine propose des ambiances paysagères variées et propres à chaque quartier. En cela, elle répond à une attente forte d’une nature proche, support d’usages partagés suppléant le peu d’espace à soi.

Un modèle architectural et urbain produisant des paysages singuliers

Les espaces naturels présents au sein de chaque nouveau quartier dialoguent avec des formes urbaines denses, logements collectifs ou semi-collectifs, notamment l’îlot semi-fermé à Beauregard, et permettent de construire une densité « acceptable » faite de reculs et de respirations.

Les « ZAC rennaises » sont aussi l’occasion de renouveler les modèles architecturaux du logement collectif. En cela, chaque opération fait figure de laboratoire de formes qui se diffusent ensuite en dehors de la ville pour constituer un socle de cohérence départemental.

Des projets urbains confortant le modèle paysager de l’agglomération

L’agglomération et la ville ont mis en place d’importants projets urbains, en densification, en réhabilitation ou en extension des tissus urbains, révélateurs d’une façon de faire « à la rennaise ».

Les projets urbains se répartissent sur l’ensemble des communes du territoire. La ZAC de La Courrouze où seront construit 5 000 logements sur d’anciens terrains militaires, notamment ceux de l'arsenal, et la ZAC Chardonnet-Baud, créant 2 200 logements sur une friche industrielle, sont les illustrations des projets de renouvellement urbain parmi les plus importants de l’agglomération.

D’autres projets s’inscrivent en extension urbaine, sur des espaces actuellement agricoles, comme notamment l’éco-cité ViaSilva prévoyant 22 000 logements et des milliers d’emplois, ou encore la ZAC Beauregard-Quincé proposant 1 800 logements sur 27 hectares.

La lisibilité de l’interface urbain/rural

L’effet de la rocade et des voies de contournement

La rocade, à Rennes ou à Cesson-Sévigné, constitue une composante importante dans le paysage. Elle fait la transition entre l’espace urbain contenu et l’espace agro-naturel environnant à l’extérieur. La rocade est également un élément structurant du paysage, elle propose des séquences diverses. Parfois vitrine économique ou urbaine, elle participe aussi à l’image de la "ville archipel" en proposant des vues sur la ceinture verte.

Les entrées de villes

Accéder à Rennes donne à voir une ville qui se présente comme une île urbaine, dense, compacte, caractéristique de la ville archipel. Les tours du quartier Villejean à l’ouest ou du Blosne au sud, sont à Rennes ce que les clochers sont au reste du territoire départemental, des émergences qui font paysage. A de rares exceptions près, comme la rocade est un contenant, entrées de ville et échangeurs se confondent. La route de Lorient déroge au principe mais des éléments de nature (la Flume, la Vilaine) ou la voie ferrée, imposent la compacité du tissu.

Le paysage commun des entrées de Rennes est un paysage urbain dense associant habitat, commerce et tertiaire. Les entrées par des zones d’activités sont rares. Parfois, des éléments plus singuliers, notamment les parcs ou le stade, marquent le paysage des entrées de ville.

Construite le long des pénétrantes urbaines, parfois transformées en boulevards urbains, notamment la route de Lorient, les zones d’activités s’intègrent à l’extérieur ou à l’intérieur de la rocade et proposent d’autres paysages d’entrées de ville.