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Fougères, les motifs militaires et économiques produisent un paysage singulier

Un site défensif

Contrairement à d’autres sites défensifs, celui de Fougères est dominé par les crêtes qui encadrent la vallée du Nançon. Le château a été construit sur un site défensif naturel, constitué d’un promontoire rocheux situé lui-même dans la vallée encaissée, émergeant d'un marécage cerné par une boucle du Nançon faisant office de douves naturelles.

Simple fortification en bois au Xe siècle, la forteresse, une des plus grande d’Europe, est détruite puis reconstruite en plus imposante au XIIe siècle. Elle s’intègre alors comme un des maillons essentiel des Marches de Bretagne. La ville médiévale se développe aux pieds de ses remparts et en bordure du Nançon.

A partir du XIIe siècle, la population s’éloigne du fond de la vallée. La ville se réorganise alors autour de deux quartiers. La ville basse se structure en contrebas du château puis, plus en hauteur, autour de l’église Saint-Sulpice et de la Place du Marchix. L’activité artisanale, notamment la tannerie, le tissage ou la draperie, se développe dans ce quartier.
La ville haute ceinturée de remparts se structure autour d’un axe qui épouse la ligne de crête et relie le château à l’église Saint-Léonard. Avec le développement de la puissance commerçante de la ville, un beffroi est édifié au XIVe siècle, constituant ainsi un symbole de la bourgeoisie montante.

A partir du XVIe siècle, date du rattachement du duché de Bretagne au royaume de France, la cité perd son rôle défensif au profit d’un développement de l’activité artisanale, notamment le travail de l’étain dans la rue de la Pinterie, et de l’élevage très présent dans la région.

Le développement économique à la fin du XIXe siècle transforme le paysage de la ville

L’activité artisanale commence avec les moulins à papiers, localisés sur les rives des rivières, notamment le moulin aux Pauvres sur les rives du Nançon et le moulin du Groslay. Ensuite, le tissage apparaît dans le quartier Saint-Sulpice, le faubourg de Rillé et les rues de Verdun et Lariboisière de la ville haute. Avec l’arrivée de maîtres verriers italiens à partir du XVIe siècle, la verrerie se développe à Laignelet puis aux portes de la ville.
Les incendies successifs du XVIIIe siècle entraînent la création de voies plus larges dans la ville haute, notamment les rues de Châteaubriand et Nationale, modifiant ainsi la composition sociale de la ville close, devenant un quartier plus aisé.

L’arrivée du train en 1867 permet le développement de l’industrie de la chaussure qui remplace petit à petit l’artisanat et profite de la production locale de cuirs. Cette mutation économique va profondément modifier la structure urbaine et sociale de la ville. Au début du XXe siècle, la ville compte 35 manufactures de chaussures qui emploient plus de 12 000 ouvriers. Cette forte croissance économique et l’explosion démographique (doublement de la population entre 1872 et 1911) se traduit par la création de nouveaux quartiers au sud et à l’est, se juxtaposant à ceux existant.

Avec 8 000 habitants en 1888, le quartier Bonabry propose un paysage urbain singulier qui mélange différents types d’habitat et de fonctions, notamment dans la rue commerçante de la Feuterie. Structurées autour d’usines, des entités urbaines « indépendantes » composées de logements individuels et patronaux forment le paysage urbain du quartier.

Malgré le déclin de l’activité de la chaussure à partir de 1950, le paysage urbain reste marqué par ce passé. Les bâtiments d’usine subsistants constituent des éléments patrimoniaux importants relevant d’une architecture industrielle simple ou plus « élaborée ». De même, les maisons ouvrières modestes et les cités ouvrières, notamment celles de la Madeleine, de la Mare Bouillon ou Jean Allain, marquent le paysage de l’empreinte industrielle.

Nicoul (de gauche à droite)">

La restructuration du tissu urbain produit ses perspectives paysagères

Les mutations économiques et sociales de la ville entraînent des modifications du paysage urbain. La destruction des portes, dont seule subsiste la porte Notre-Dame au sud-ouest du château, la suppression des remparts à l’est et le tracé des rues Gaston Cordier/Jules Ferry, du boulevard Jean Jaurès et de l’avenue François Mitterrand, recomposent la ville qui s’ouvre à l’est sur le Bassin de Fougères. Complétées ensuite par les rues Feuterie et Pasteur, le système de rues propose un modèle quadri-dent (note) reliant la vieille ville à la gare, lieu de convergence des perspectives.

Cette transformation urbaine, engendrée par le développement industriel et l’arrivée du chemin de fer, va produire une succession de plans paysagers proposant des fenêtres sur les paysages, des perspectives qui se clôturent par la ville haute…

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