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Analyse paysagère du Massif de Paimpont-Brocéliande

Support de l’imaginaire arthurien, la forêt de Paimpont ou de Brocéliande semble inverser le rapport plein/vide habituellement lisible en Ille-et-Vilaine. Les espaces habités constituent des clairières dans un vaste boisement qui se disloque en direction de l’ouest. Les larges points de vue offerts par les hauteurs alternent avec les ambiances intimes des milieux forestiers.

La « forêt de Brocéliande » est une forêt mythique de la légende arthurienne qui a été associée à la forêt de Paimpont. Relayé par les acteurs du tourisme, la forêt porte désormais tout un imaginaire la reliant au roi Arthur et aux chevaliers de la Table Ronde, à l’enchanteur Merlin et à la fée Viviane. Dans le massif, des sites précis sont rapportés à cette légende et sont devenus des lieux de visite très fréquentés.

Limites et voisinages

L’unité de paysage correspond à la partie ouest, haute et boisée du massif de grès armoricain qui émerge du Bassin briovérien rennais. Cette unité géologique et morphologique se confond en effet avec l'emprise des boisements, plus ou moins continus, nommée forêt de Paimpont. Au nord et à l’ouest, les contreforts marqués du massif dessinent une limite physique nette à l’unité de paysage. Culminant à 256 m, il constitue la ligne d’horizon des paysages alentours.

Au sud-ouest, dominant nettement la vallée de l’Oyon, l’unité de paysage se prolonge au-delà des limites du département, jusqu’à la RN 24. Dans le Morbihan, le camp de Coëtquidan occupe une grande partie de la forêt. A l’est, en revanche, la transition est plus progressive vers l’unité de paysage des Collines de Guichen, plus basses et moins boisées, mais qui appartiennent au même ensemble géomorphologique.

Socle naturel

Le massif boisé de Paimpont est une unité contrastée où alternent des paysages agricoles ouverts et des paysages forestiers fermés parfois entaillés par de profondes vallées. Ces différentes structures paysagères révèlent la nature des différents substrats. Les landes et forêts occupent généralement les vallées et versants où le schiste rouge affleure, tandis que les sols constitués sur les grès armoricains profondément altérés sont propices aux cultures. Ainsi, d’est en ouest, les boisements se font plus présents et constituent un motif continu. Le massif est entaillé de profondes vallées boisées où affleure la roche comme dans le vallon de la Chambre au Loup ou le célèbre Val sans Retour.

Motifs et structures du paysage

Les rebords du massif constituent ponctuellement de magnifiques belvédères sur les paysages limitrophes. En revanche, au cœur du massif, les boisements ferment le paysage et permettent peu de vision globale de l'unité.

La forêt

Le massif forestier est constitué d’une multitude de landes et forêts, principalement de gestion privée. La diversité des milieux a pour conséquence des ambiances contrastées : de sombres futaies de hêtres côtoient les chaudes plantations de pins maritimes ou encore les arides landes rocheuses.

Un réseau hydrographique complexe

La forêt est ponctuée de nombreux étangs alimentés par de multiples petits ruisseaux. Ces étangs constituent un réseau hydrographique complexe qui servait à faire fonctionner les forges et moulins (forges de Paimpont) ou à constituer des fortifications comme au château de Boutavent. L’activité métallurgique, particulièrement intense du XVIIe au XIXe siècle, a modelé le paysage : la forêt fournissait le charbon de bois, les étangs, la force hydraulique, et le sol, le minerai de fer.

Un paysage agricole contrasté

Autour des bourgs et hameaux subsiste une structure bocagère qui semble prolonger la forêt jusque dans les parcelles agricoles. Le relief vallonné et la nature des sols n’ont pas favorisé le remembrement. Seuls le sud d’Iffendic et le nord de Treffendel laissent place à de vastes parcelles qui contrastent avec les boisements proches.

Villes en périphérie et villages au cœur de la forêt

Le massif est relativement peu peuplé. A l’ouest et au sud, villes et villages s’appuient sur ses contreforts : Talensac, Montfort-sur-Meu, Saint-Péran ou Monterfil ; tandis qu’à l’est, les villages, plus petits, constituent des clairières au cœur de la forêt. Entre ces villages, des hameaux et écarts ponctuent le paysage agricole. L’extension de l’urbanisation est très ponctuelle et ne fait pas l’objet d’une intégration particulière. Le lotissement situé au sud de Montfort-sur-Meu s'impose au paysage environnant. L’architecture vernaculaire nous révèle la richesse du sous-sol, et notamment le schiste rouge qui donne son nom au « pays pourpre ». Ces habitations aux façades colorées sont souvent associées à des bâtiments d’exploitation en terre.

Trois espaces naturels sensibles illustrent en partie la diversité des milieux et paysages du massif :

  • Le Vallon de la Chambre au Lou à Iffendic
  • L'étang de l'Abbaye de Paimpont
  • Le domaine de Careil à Iffendic