Haut de page

Vous êtes ici

Analyse paysagère des Hauteurs des Marches de Bretagne

Les reliefs marquent l’horizon et forment un seuil sensible que souligne la forêt de Fougères. Des vues dominantes, un bocage bien présent, une faible urbanisation donnent à l’unité un paysage aux caractères très attachants.

Limites et voisinages

L’unité est en elle-même une limite à la fois pour le département et pour la Bretagne. Au-delà de ses hauteurs, vers l’est, les eaux vont couler vers la Mayenne. Les contours de l’unité ne sont pas précis et relèvent de l’ordre de la sensation de hauteur que procure sa position dominante, lui permettant d’être perçue de loin et d’offrir des vues sur les unités alentour. En Ille-et-Vilaine, l’unité de paysage présente deux parties distinctes de part et d’autre du bassin de Fougères. Chacune est respectivement bornée à l’ouest par le Plateau du Coglais et le Plateau de Vitré. La forêt de Fougères constitue une limite très lisible.

Socle naturel

L’unité est définie par le relief caractérisé par deux secteurs de crêtes délimitant les bassins versants et dominant les espaces alentour. Ces hauteurs correspondent le plus souvent à la présence du substrat granitique (batholite du Coglais). Si les altitudes restent modestes, (244 m au plus haut, au mont Romain, entre la forêt de Fougères et la limite départementale), la toponymie des fermes et des villages (Montautour, Haut-Marchand, Haut-Plantis…) se réfère bien souvent à la situation de hauteur. On peut remarquer que l’altitude des Marches peut être mise en relation avec celle du massif de Paimpont (258 m) (note) qui forme un seuil comparable à l’autre extrémité du département. La forêt de Fougères, un des massifs notables du département, coiffe le plateau nord un peu en dessous des points les plus hauts.

Un relief dominant, animé par la forêt et le bocage, peu marqué par l’urbanisation

L’unité de paysage se trouve à l’écart des grandes routes, excepté la RD 117 qui traverse la forêt de Fougères, et la RD 178 qui la frôle au sud. En revanche, le GR 34 « Marches de Bretagne » parcourt l’unité paysagère et ses sites notables, comme Montautour ou les rochers du Saut Roland.

Des horizons et des vues

Entre deux bassins versants, les reliefs élevés créent des horizons qui marquent dans le paysage une « frontière » de la Bretagne. Certains points des rebords et des sommets offrent également des vues sur les territoires situés en contrebas.

Une hauteur boisée : la forêt de Fougères

La forêt de Fougères est la composante marquante de la portion nord de l’unité. Située aux portes mêmes de la ville, elle lui offre un horizon de nature qui vient renforcer l’effet de « limite » vers l’est.

Peu de cours d’eau perceptibles… mais le site du Saut Roland

L’unité de paysages compte de nombreux ruisseaux qui prennent naissance sur les deux hauteurs de l’unité. Leur présence dans le paysage reste cependant discrète de par leurs dimensions modestes, la végétation arborée copieuse qui les accompagne et leur éloignement des routes principales. Seul le ruisseau de Saint-Blaise a contribué (avec les carrières de schiste), en franchissant une barre rocheuse au sud de Dompierre, à sculpter le site notable du Saut Roland associant les motifs de rochers à un cadre forestier. Ce site est très apprécié par les varappeurs et les randonneurs.

Un bocage inégal mais sensible

L’unité paysagère présente, outre la forêt, un paysage rural bocager. L’élevage, dominant dans ce secteur, favorise la présence d’un bocage dense et de prairies pâturées. Même si la partie sud de l’unité (communes de Princé et Montautour) a été remembrée dans sa quasi-totalité, les densités de haies restent importantes quoique variables. Les nombreux bosquets et boisements lui confèrent d’une manière générale une ambiance de campagne bocagère, dans laquelle se fondent fermes et villages.

Une ambiance encore rurale

Les hauteurs sont peu urbanisées. Fermes, hameaux et villages insérés dans la campagne bocagère sont les seuls éléments bâtis ou urbains perceptibles. Si aux lisières de la forêt de Fougères et sous l’influence de la ville, les bourgs de Landéan et Laignelet se sont certes agrandis sous forme de lotissements, dans les autres localités, très peu nombreuses dans l’unité, les centres anciens sont restés peu ou prou en contact avec leur cadre agro-naturel. C’est le cas notamment de Princé, posté sur les hauteurs d’une crête rocheuse, ou du Loroux, situé au contraire dans la vallée de la Glaine à la frontière du département. Dans une structure restée très rurale, les phénomènes de développement en dispersion et en mitage ont un fort impact visuel. Ainsi, Montautour, sur la même crête que Princé, a développé à l’écart du bourg initial un lotissement banal et non articulé avec le site, qui tend à déséquilibrer le paysage…