Haut de page

Vous êtes ici

Analyse paysagère des Collines de Bécherel

Le paysage est caractérisé par une succession de collines d'est en ouest, plus ou moins resserrées. Ces collines créent dans les creux des horizons courts aux ambiances intimes, sur les hauteurs des vues lointaines guidées par des éléments remarquables. Les boisements, constituent des fonds de tableaux omniprésents dans le paysage.

Limites et voisinage

L’unité de paysage des Collines de Bécherel marque la limite entre le bassin versant de la Rance et celui du Meu. Au sud, les lignes de crêtes remarquables soulignées par des boisements, comme la forêt de Montauban, dominent le bassin de Rennes et la large vallée du Meu. A l'est, le paysage se referme sur le canal d'Ille et Rance. Au nord, au delà des collines s'étendent les vallons profonds et boisés de Saint-Thual. Au nord-ouest, les collines se prolongent dans les Côtes-d'Armor sur la commune de Saint-Jouan-de-l'Ile ou encore de la Chapelle-Blanche.

Un socle naturel chahuté par les mouvements géologiques et le réseau hydrographique

L'unité se présente comme un plateau orienté est-ouest dont l'abrupt est traversé par les cluses nord-sud de l'Ille et de la Rance. En limite sud-est, ce sont les affluents de la Vilaine supérieure qui entaillent le plateau. La ligne des points hauts ne correspond donc pas à la ligne de partage des eaux qui se fait au centre du plateau. Le nord du plateau apparaît comme une crête étroite qui marque le paysage par sa continuité. Au nord, ses versants abrupts sont expliqués par la présence d'une faille majeure est-ouest (Cisaillement Nord-Armoricain). Parfois entaillée entre Medréac et Guipel, cette crête ciselée dessine de petites collines dont la plus haute est investie par le bourg de Bécherel.

Le relief mouvementé offre quelques fenêtres remarquables et de beaux points de vue. Sur la partie la plus haute de Becherel, le parc du château de Caradeuc (XVIIIe siècle) s'inscrit comme un belvédère qui domine le paysage.

Entre Hédé et Saint-Symphorien, la RN 137 traverse la crête boisée parfaitement identifiable. Depuis la route, le château de Montmuran apparaît brièvement aux voyageurs dans son écrin boisé.

Motifs et structures du paysage

Une campagne aux paysages variés

Les parcelles agricoles sont principalement constituées de cultures de céréales, de maïs, et de rares prairies permanentes. L'unité se caractérise, au gré du relief, par une alternance de petites parcelles entourées de bocage et par de vastes parcelles aux arbres rares. De même, la forme du bocage est très variable, les chênes émondés côtoient parfois des haies libres variées ou encore des cépées de charmes. Quelques rares vergers subsistent autour des hameaux et sont souvent utilisés en pâture.

Des boisements comme fond de tableau

Bien que de dimensions modestes, les boisements, majoritairement caduques, sont omniprésents dans le paysage. La forêt de Montauban au sud, la forêt de l’Impérant au nord, et les bois de Romillé et de Cranne à l'est sont situés sur des reliefs qui les rendent visibles à plusieurs kilomètres. Souvent la forêt est prolongée par le réseau de haies bocagères. Parfois, l'urbanisation récente vient s'adosser à la forêt sans ménager de lisière comme à Saint-M'Hervon.

Une hydrographie difficile à lire

Les affluents de la Rance, de la Vilaine et de l'Ille partent dans chacune des directions, rendant leur lecture difficilement compréhensible à l'échelle de l'unité. Les étangs et plans d'eau sont peu nombreux au nord et à l'ouest sur les affluents profonds de la Rance. Ils sont plus présents au sud et à l'ouest de l'unité, ponctuant le cours des affluents de l'Ille et de la Rance. Les étangs sont souvent associés aux châteaux. Les ruisseaux en fond de vallons sont invisibles : seuls les boisements humides révèlent leur présence.

Un habitat vernaculaire éparpillé et des trésors caché

Les bourgs, de dimensions plus importantes dans le nord, sont bâtis à flanc de colline (Médréac et Quedillac) tandis que Bécherel impose sa silhouette de toute la hauteur du relief. Le bourg de Bécherel est construit autour d'un château médiéval perché dont il ne reste que des vestiges des remparts et du donjon. Le bourg domine très largement son environnement au-delà l’entité paysagère. Bécherel a constitué une ZPPAUP depuis 1993.

L'antenne relais Bécherel-Saint-Pern constitue un repère dans le grand paysage. Au sud, les villages s'intègrent dans une importante trame boisée. Sur le reste du territoire, le bâti est très éparpillé : maisons isolées, fermes ou petits hameaux investissent tout l'espace et sont omniprésents, même si légèrement retirés des voies de circulation. Les hameaux anciens sont très souvent constitués autour d'une bâtisse en bauge.

Sur la commune de Saint-Pern, le couvent de la Tour Saint-Joseph constitue une enclave close d'une emprise remarquable composée d'un ensemble de bâtiments, de bois et de parcelles cultivées. Son clocher blanc se distingue de ceux des communes environnantes. Pas moins d'une quinzaine de châteaux de différentes époques se partagent le territoire. Souvent masqués par des boisements en limite de propriété, ils restent des trésors cachés dans le paysage.

Les alignements mégalithiques de Lampouy (-5000 à -2000 av. J.C.) sont situés en limite nord de l'unité, sur un point culminant et entourés de parcelles agricoles très bocagères. Les vues lointaines depuis le site sont limitées en direction du sud, tandis que vers le nord, de grandes parcelles permettent de voir le paysage des Vallons de Saint-Thual. Espace naturel sensible depuis 2002, le site est aménagé pour accueillir le public.