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Analyse paysagère de Rennes et ses environs

L’agglomération de Rennes, articulée au réseau des rivières qui y convergent, dialogue avec son paysage agro-naturel dont la présence est sensible jusqu’aux portes de la ville elle-même. Les tissus anciens et contemporains de la ville créent des paysages urbains aux caractères affirmés.

Limites et voisinages : les contours d’un « archipel »

Certains seuils de perception sont donnés par les éléments de nature. Au nord-est, les reliefs et la présence des grandes masses boisées marquent le passage à un paysage différent, ce que l’on ressent également vers le nord, avec le coteau de Vignoc. Au sud, les reliefs des plissements et les vallées de la Vilaine et du Meu, de Bruz à Mordelles, sont également bien lisibles et dessinent une limite sensible au territoire de l’agglomération. Cependant, la définition de l’unité de paysage repose sur un critère d’urbanisation incluant l’agglomération de Rennes proprement dite (note) et les secteurs non agglomérés mais aux caractères néanmoins urbains qui l’entourent. La limite avec les unités voisines n’a pas de caractère brutal. Le concept de « ville-archipel » a au contraire permis de maintenir d’importantes continuités de paysages agro-naturels au sein même de l’espace urbanisé, dont la présence est sensible jusqu’aux portes de la ville-centre. Le contour de l’unité paysagère traduit la perception de densité urbaine dans le contexte agro-naturel, en particulier le long de certains axes : la vallée de la Vilaine en amont de Rennes doublée par la RN 157, la vallée de la Seiche au sud, la RD 137 au nord-ouest. La vallée de l’Ille au nord fait l’objet d’une unité paysagère spécifique intégrée au canal d’Ille et Rance, de même que la Vilaine en aval de Rennes.

Socle naturel

A petite échelle, Rennes est située dans un bassin topographique de très faible altitude que bordent deux zones de reliefs assez nets au nord et au sud, et qui s’élève progressivement vers l’est et l’ouest. Cette position en contrebas crée des effets de découverte de la ville qui devient ainsi un paysage en soi, notamment depuis les reliefs au sud. Une vaste confluence forme le site même de la ville, confluence à l’origine du nom gaulois de Rennes, Condate.

En dehors des vallées, les reliefs ne sont que peu marqués dans le bassin lui-même. La forêt de Rennes qui constitue une frontière paysagère ressentie dans l’agglomération, n’en fait pas partie.

Motifs et structures du paysage

Les vallées, ancrage paysager majeur

L’unité est constituée d’un véritable « carrefour de rivières », succession de confluences en provenance de l’ouest et de l’est qui convergent sur un axe nord-sud. La grande majorité des localités se trouve ainsi en relation avec l’une d’elles. Les rivières qui constituent les principaux motifs naturels de l’unité sont à l’origine, quand elles s’articulent avec des motifs urbains, de nombreux paysages de qualité. La Vilaine en amont, l’axe de la Seiche et de l’Yaigne en aval, composent des « lignes paysagères » auxquelles s’adressent les localités qui les longent. Chaque cours d’eau fédère ainsi, dans une continuité paysagère, plusieurs centres urbains, leur offrant à la fois un espace de référence pour leur ancrage au site, de beaux horizons naturels, et de possibles espaces de détente et de déplacements doux. Si sur la rive droite, à l’ouest de Rennes, l’articulation paraît moins nette. A quelques exceptions près (Le Rheu, Bréal-sous-Montfort), trop éloignées, il est tout de même possible de « raccrocher » presque toutes les villes et bourgs du secteur à un cours d’eau, plus ou moins important, plus ou moins lisible aujourd’hui.

Des paysages lisibles de villes et de campagnes

Outre les vallées, l’unité paysagère se compose de pôles urbains non contigus se détachant au sein d’une vaste continuité d’espaces agro-naturels. Cette figure de la « ville-archipel » portée par la planification et soutenue par les volontés politiques, structure, avec les rivières, le paysage de l’agglomération. Celui-ci est qualifié par la netteté des limites entre la ville et son cadre : la rocade dessine ainsi une ligne de séparation lisible qui permet aux campagnes de rester le plus souvent présentes et visibles jusqu’aux portes de la ville, sur un important linéaire. A l’est, la voie de contournement, plus éloignée de la ville, permet de constituer une réserve foncière pour l’urbanisation future tout en préservant ce schéma.

En combinant le développement des pôles urbains existants au maintien de vastes continuités d’espaces agricoles et de nature, l’étalement a été autant que possible écarté du plan d’urbanisation de l’agglomération rennaise. Les parties non urbanisées conservent une campagne bocagère cultivée et pâturée, tandis que les pôles urbanisés présentent des formes urbaines qui optimisent l’espace. Il en résulte un paysage original, marqué tant par la présence d’horizons agro-naturels jusqu’aux portes de Rennes et autour des autres villes et bourgs, que par l’aspect même des quartiers qui échappent à la banalisation architecturale et minimisent l’étalement urbain.

Les paysages de campagnes associés aux pôles urbains

Les relations entre les espaces urbanisés et les territoires encore agro-naturels se traduisent en termes de perceptions et d’usages : - Les paysages de campagne bocagère ne sont jamais très éloignés des espaces urbanisés et habités, et en constituent souvent les horizons. Les « bords de ville » donnant sur ces horizons sont nombreux et peuvent occasionner des dispositifs de « jouissance paysagère », notamment des promenades de proximité donnant sur la campagne et bénéficiant des belles ambiances des chemins bocagers. Outre les positions de « bords de ville », le bocage offre aussi des continuités entre le cœur des pôles urbains et l’environnement agro-naturel. - Les chemins du bocage sont volontiers mis à contribution pour structurer le réseau des déplacements, non seulement les promenades de détente, mais aussi les déplacements quotidiens. - Les éléments du bocage ont été souvent maintenus et valorisés dans l’espace public des développements urbains, notamment les haies de chênes. Ceci inscrit dans la ville les motifs de la campagne qui la précédait, et apporte une lecture de continuité dans le temps. - Les produits de la campagne et l’activité agricole se trouvent à proximité des habitants des villes : les circuits courts de distribution, les accueils pédagogiques à la ferme renforcent les liens entre les deux types d’espace.

Des entrées de ville disqualifiantes sur certains axes

Le réseau des routes forme autour de Rennes une étoile dont la forme fait écho à celle des rivières. Certaines de ces voies s’accompagnent d’un chapelet d’activités industrielles et commerciales donnant un paysage d’entrée de ville étalé de faible qualité, comme la RN 157 (route de Paris), la RD 637, ancienne RN 137 vers Saint-Malo (route du meuble), la RN 24 (route de Lorient), la RD 837 (ancienne route de Nantes). En revanche, la limite nette entre la ville et la campagne qui l’environne, limite dessinée par la rocade, se lit parfaitement sur d’autres routes, comme celle de Nantes (RN137), de Saint-Brieuc (RN12) ou encore d’Antrain (RN175).

Les paysages urbains de Rennes

Dans l’agglomération, de nombreux tissus échappent à la banalisation, qu’il s’agisse du centre historique, ou des quartiers récents.

Les tours blanches

Rennes apparaît depuis des points de vue éloignés, en raison de sa position au centre du bassin qu’environnent des reliefs plus élevés. A cette distance, émergeant des nombreux arbres du cadre bocager, la ville apparaît sous la forme d’un ensemble de tours : tours de logements du quartier du Blosne au sud, tour de l’Éperon au centre gare, tour des Horizons, très reconnaissable, au centre-Lices…

Un centre caractérisé par le double patrimoine des « pans de bois » et des façades de pierre

Les immeubles à pans de bois donnent à Rennes des paysages urbains reconnus, formant certains de ses sites les plus souvent représentés, comme la place des Lices ou celle du Champ-Jacquet. Ces immeubles sont toutefois des rescapés de l’incendie qui ravagea la ville en 1720, et à la suite duquel le centre fut entièrement recomposé selon un plan classique par l’architecte Jacques Gabriel. Cette reconstruction a donné au centre d’autres paysages, faits d’un ordonnancement quasi militaire et de façades de pierre.

Une « recherche » de paysages urbains

Dans de nombreux quartiers édifiés récemment, le paysage est caractérisé par un urbanisme cherchant des formes urbaines contemporaines, adaptées aux enjeux de l’époque qui se traduisent aussi par des formes architecturales qui échappent à la banalité.