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Analyse paysagère de la Vallée de la Vilaine, de Rennes à Langon

La vallée, accessible et fréquentée, se présente comme un défilé de séquences très contrastées et d’une grande qualité paysagère.

Limites et voisinages

En aval de Rennes, la vallée de la Vilaine présente un faciès très particulier. Cette portion, entièrement accessible du fait de la canalisation du fleuve, permet de percevoir la rivière à partir de promenades la faisant exister davantage encore comme paysage. L’unité de paysage correspond à la partie de la vallée orientée nord-sud, qui commence dans Rennes, au confluent avec l’Ille, et se termine à Langon lorsque la rivière s’oriente vers l’ouest. Son caractère se modifie alors, laissant place à une autre séquence paysagère. Les limites latérales de l’unité correspondent aux bords perçus de la vallée dessinés par les reliefs et la végétation.

Socle naturel

Le caractère exceptionnel de l’unité paysagère provient des formes de la vallée de la Vilaine creusée à travers une succession de bassins et de plateaux. Au franchissement des plis, la vallée a formé des « cluses », véritables défilés, conférant aux lieux une dimension spectaculaire. Dans les bassins, la vallée s’élargit vers les unités voisines dans lesquelles elle se fond progressivement.

Ces séquences successives correspondent à des alternances géologiques assez nettes :

  •  la plaine alluviale qui tapisse le fond du bassin cénozoïque et forme le cœur du bassin de Rennes. Elle comprend elle-même deux parties, la ville de Rennes proprement dite et, à l’extérieur de la ville, un secteur d’anciennes carrières, souvent reconverties en plans d’eau de loisirs ;
  •  le secteur des plissements du sud de Rennes orientés est-ouest, où alternent rapidement, dans les roches de l’Ordovicien (grès armoricains notamment) et du Silurien, cluses, méandres et vallées secondaires transversales ;
  • le bassin briovérien de Guipry et Messac où la vallée s’étale à nouveau largement dans les schistes altérés ;
  • enfin, avant de déboucher sur les marais de Redon, la cluse et les méandres de Corbinières correspondent au franchissement du dernier pli faisant affleurer des formations ordoviciennes.

Motifs et structures du paysage

Une vallée aux paysages reconnus, fréquentée pour les loisirs et la détente

Le fleuve navigable et les chemins de halage qui l’accompagnent font de la vallée un paysage particulièrement fréquenté par les plaisanciers et les randonneurs. D’autres activités sportives et de loisirs (nautisme, escalade, jardins familiaux, plages) son pratiquées dans la vallée, cadre paysager privilégié pour les usages de détente. Les habitants de l’agglomération rennaise y trouvent une superbe continuité de parcours et d’ambiance entre le centre de la ville et son cadre naturel. Le paysage de la vallée est aussi observé et apprécié par les usagers de la ligne de train Rennes- Nantes qui emprunte ce parcours, y compris dans les séquences de cluses où ne passent pas les routes. C’est ainsi un paysage très reconnu, figurant dans tous les guides touristiques et de randonnée, et qui a fait et fait encore l’objet de nombreuses représentations, notamment aux abords du moulin du Boël. Les positions de rebords offrent des points de vue potentiels particulièrement spectaculaires, mais peu sont accessibles et aménagés.

Une suite de cinq séquences paysagères

La portion de vallée de Rennes à Langon ne présente pas des paysages uniformes. Son cours est une succession d’épisodes très contrastés, que l’on peut définir en 5 séquences. 

  • Une traversée de Rennes, en aval de la confluence avec l’Ille
  • A la sortie de Rennes, les étangs de la Prévalaye
  • Les cluses qui se succèdent aux environs de Bourg-des-Comptes, lorsque la rivière commence la traversée des plissements
  • La traversée du bassin de Messac-Guipry
  • Une nouvelle cluse dans la traversée des plissements à la hauteur des Corbinières

1. La traversée de Rennes : un paysage urbain très apprécié

Le cours de la Vilaine définit plusieurs épisodes du paysage urbain. Le dégagement visuel, la position enviable au bord de l’eau, motivent les implantations d’immeubles marquants. Le quai Saint-Cyr. La Vilaine canalisée constitue une véritable perspective urbaine donnant sur le beffroi de l’hôtel de ville et sur l’ancien siège de France-Télécom. Après avoir été industrielle, la séquence est désormais une des plus résidentielles de la ville, de même que le quartier de la Prévalaye qui lui succède. Le quai accueille des péniches, dont l’une transformée en salle de concert, et une très agréable promenade piétonne, bien ensoleillée. Cette séquence constitue un paysage urbain très apprécié par les Rennais.

Le stade et la ZI. Après le quai Saint-Cyr, le fleuve traverse une succession d’équipements, d’activités et d’espaces servants marquée par le stade rennais, situé à proximité de la rocade, ou par l’immeuble de logements « Papyrus ». La continuité du cours d’eau et des cheminements qui le longent donne cependant de la cohérence à un territoire morcelé par les diverses fonctions qui se succèdent.

2. Les étangs de la Prévalaye : des espaces de nature en continuité avec l’espace public de Rennes

En aval de Rennes, la séquence est marquée par la présence de nombreux étangs issus de l’aménagement des anciennes carrières dont ont été extraits les matériaux nécessaires à la construction de la ville. Ces étangs ont aujourd’hui surtout une vocation de loisirs. Ils apportent aux Rennais un horizon de nature dans la continuité de l’espace public, le chemin de halage prolongeant sans interruption les quais urbains.

3. Les cluses et méandres de Bourg-des-Comptes : un paysage spectaculaire

Le bassin de Rennes est borné au sud par des plissements dans lesquels la Vilaine a pu se creuser un passage. C’est le seul qui permet à l’ensemble des cours d’eau présents dans le bassin de s’écouler vers l’océan. La forme de cluse vient « dramatiser » la vallée qui sinue entre les parois rocheuses ou les reliefs accusés des zones de plissements.

4. Le bassin de Guipry-Messac : une séquence plus calme

A la sortie des cluses, la vallée retrouve des reliefs plus calmes. Mais à Guipry-Messac, l’ambiance devient à la fois urbaine et active : une chute d’eau anime le cours du fleuve, un port est constitué… La forme prise par le développement urbain est singulière : les bourgs initiaux de Guipry et de Messac se situant un peu à l’écart de la Vilaine, l’urbanisation a suivi la ligne qui les relie au pont et aux ports. Ainsi, le fleuve apparaît dans son cadre agro-naturel jusqu’au centre de l’agglomération.

5 Cluse et méandres des Corbinières : une séquence boisée

Le franchissement des plis se poursuit par une nouvelle cluse, dont le paysage est qualifié à la fois par les formes accusées du relief, les méandres de la Vilaine et une forte présence boisée. Port-de-Roche vient conclure la séquence et l’unité paysagère au sortir des cluses.