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30. Détermination des unités de paysages : les sols


Entre l’air et les roches, de la surface à quelques centimètres ou quelques mètres de profondeur, les sols racontent le socle et le climat, l’histoire et les dynamiques, à différentes échelles. Ils résultent de différentes composantes qui sont aussi celles du paysage : relief, végétation, utilisation du territoire. Pièce essentielle des biotopes terrestres, ils contribuent à déterminer les paysages, tant d’un point de vue naturel (végétation, climax) qu’économique (qualités agronomiques).

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Les ensembles et unités de paysages de l’atlas ont donc de fortes correspondances avec les entités physiographiques et les pédopaysages
(note) identifiés par les pédologues.

Ce sont donc plutôt les différences entre les résultats des approches pédologiques et paysagères qui semblent intéressantes à relever. Celles-ci sont principalement dues à l’importance accordée, dans l’atlas des paysages, aux champs visuels déterminés par les configurations du relief, et à la visibilité des massifs boisés dont les lisières forment de nombreux horizons.

Quelques exemples
- L’unité physiographique du « Bassin de Maure de Bretagne » se répartit, dans l’Atlas des paysages, entre le Bassin de Lieuron-Pipriac et les Collines de Guichen. Les différences de reliefs (plus marqués au nord qu’au sud) et les différences de végétation (boisements plus nombreux au nord qu’au sud) l’ont en effet emporté dans le cadre de l’Atlas des paysages par rapport à l’homogénéité des sols. De plus, la crête située près de Maure-de-Bretagne (correspondant à peu près à l’unité cartographique de sol n° 803) est également assez sensible.

- Le même raisonnement peut être appliqué aux « Collines de Saint-Aubin-d’Aubigné et plateau de Vitré » qui sont regroupés en une seule entité physiographique mais font l’objet de deux unités différentes de l’Atlas des paysages, malgré une limite peu sensible entre les deux unités. Dans le cadre de l’Atlas des paysages, les boisements plus nombreux vers les Collines de Saint-Aubin-d’Aubigné que vers le plateau de Vitré et des différences de types de reliefs ont été pris en compte (note). C’est également l’importance attachée aux critères de perception qui conduit à inclure la forêt de Rennes, au sud-ouest de Liffré, dans l’unité de paysage des Collines de Saint-Aubin-d’Aubigné, dont la définition combine l’approche morphologique et l’importance des massifs boisés (note).

- En contrebas du plateau du Coglais, l’unité de paysage du Bassin de Fougères n’est pas distinguée par les pédologues qui regroupent en une vaste entité physiographique le « Plateau de Fougères et Coglais ». D’un point de vue plus strictement paysager, le plateau du Coglais domine nettement la vallée assez large du Couesnon qui longe le rebord marqué du plateau (note). Les dimensions de la vallée, dont le versant sud remonte lentement vers l’unité de paysage du Plateau de Vitré, ont permis d’identifier cette dépression comme unité de paysage nommée Bassin de Fougères dans l’atlas. La carte des pédopaysages rend d’ailleurs compte de cette distinction.

- A l’est du département, l’unité de paysage des « Hauteurs des Marches de Bretagne » n’est pas non plus distinguée en tant qu’unité physiographique. Il s’agit là encore d’une unité aux contours imprécis qui résulte de l’altitude et des ambiances particulières, progressivement ressenties, identifiées par différents critères près de cette frontière bretonne, entre bassins versants de la Vilaine et de la Loire qu’il convient de souligner du point de vue paysager, même si les différences sont moins prégnantes en termes pédologique. Il est cependant intéressant de noter que cette unité comprend le seul pédopaysage du département faisant mention d’un critère d’altitude (UCS 12016).

- Dans le bassin de Rennes, c’est évidemment la vaste entité urbaine et périurbaine rennaise qui nous a conduits à distinguer 3 unités de paysages, les Environs de Rennes s’intercalant entre les deux plaines situées de part et d’autre (Plaine du Meu et de la Flume et Plaine de Janzé â€" La Guerche-de-Bretagne). Bien que disjointes, ces deux unités sont assez semblables. Il est intéressant de noter que la carte des pédopaysages rend compte de différences assez régulières entre l’ouest, plus limoneux et aux reliefs plus amples, et l’est, plus exposé à des variations d’affleurements rocheux.

- Enfin, il faut noter que malgré des différences de sols assez nettes que traduit la carte des pédopaysages, le Clos Poulet et les Marais de Dol ne forment qu’une unité physiographique nommée « Zone légumière de la baie du Mont-Saint-Michel ». Or, malgré ce caractère agricole commun, le paysage et les ambiances, comme la côte elle-même, nous semblent assez différenciés. C’est finalement à peu près le seul endroit où l’atlas des paysages et la cartographie pédologique semblent ne pas s’accorder. Une différence mineure qui peut s’expliquer par la prise en compte plus forte, dans l’atlas, de la géographie des formes d’urbanisation liées au contexte touristique, et notamment balnéaire.

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